Eugène Prévost - La crise économique (partie 6 de 11)

Mario Lacroix Auteur : Mario Lacroix 04 Fév 2019

LA CRISE ÉCONOMIQUE (partie 6 de 11)

À la fin de 1932, le taux de chômage est à 30%. Eugène profite du ralentissement pour perfectionner son équipe. Puis en 1935, les commandes arrivent finalement à bon rythme.

En 1936, il trace les plans d’une nouvelle usine sur les lieux de celle incendiée 10 ans plus tôt. Malheureusement, il a de la difficulté à recruter du personnel spécialisé. Il fait donc appel à la famille de Monsieur Joseph Lacasse et ses 5 fils, tous menuisiers. En 1938, il compte 16 employés, mais c’est sa femme qui s’occupe du rembourrage.

Eugène prend le temps de former ses employés : il les encourage à se dépasser et à réaliser des projets surprenants. Il préfère former des ouvriers inexpérimentés, à son image, plutôt que de former des travailleurs expérimentés dans un autre domaine. Les nouveaux sont affectés à des taches simples. De cette façon, ils pouvaient voir toutes les étapes de la construction des autobus. On dit qu’il était un patron exigeant et paternaliste : aussitôt dit aussitôt oublié.

La majorité des employés ont entre 15 et 20 ans. Les journées de travail sont de 10 à 12 heures. Eugène a alors besoin d’une secrétaire… et vite !  Sa fille ainée termine enfin sa 9e année et elle devient rapidement son bras droit pour le contrôle des prix, les dépenses et la production.

 

PRODUCTION DIVERSIFIÉE

Son industrie se fait connaitre partout et toutes sortes de projets arrivent à lui.

En 1937, Edmond Gagnon de Mont-Joli le contacte : il est propriétaire d’une flotte d’auto-neige et 325km les séparent. Le deal se fait au téléphone : bâtir une auto-neige qui, à cette époque, était le créneau de Bombardier. Monsieur Gagnon couvre l’Est du Québec et Eugène flaire de nouveaux horizons.

En 1939, il produit 13 autobus ainsi que 15 carrosseries diverses comme des ambulances, corbillards et remorques. Puis, une commande arrive du Maine : Arthur Dumais lui demande de rallonger ses voitures de luxe en limousines.

Dès 1938, les locaux deviennent trop petits. Il envisage agrandir, mais il n’a jamais emprunté d’argent jusqu’à maintenant. Il utilise donc ses économies personnelles. Il construit sur le même emplacement que l’usine existante : il construit en fait autour de celle-ci pour « coiffer » le tout. De cette façon, la production continue et la machinerie reste sur place. Cette bâtisse est d’ailleurs encore debout aujourd’hui, sur la rue Prévost.

En 1941, Eugène confit la confection des autos-neige à son frère Alphonse, mais ce sera de courte durée…
 

ANECDOTE

Bombardier se rend compte qu’il vend beaucoup de pièces à Ste-Claire. Il décide donc d’aller rencontrer Monsieur Prévost. Ce dernier dit à Bombardier qu’il a finalement peu d’intérêts pour ce type d’engin. Par contre, Monsieur Bombardier est impressionné par l’usine Prévost. Il propose de s’associer avec lui pour construire les fameux Série B : l’un pourrait s’occuper de la carrosserie, et l’autre de la mécanique. Eugène refuse prétextant que dans un avenir proche, toutes les routes seront déneigées et les Bus seront alors plus convoités…

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