Les Caissons
Pendant la construction du pont, il y a eu pour les travailleurs deux gros défis, celui des hauteurs, mais sans oublier celui des profondeurs. Le travail à l’intérieur des caissons était très risqué et dangereux. Les caissons étaient construits à l’anse de Sillery et par la suite transportés sur le lieu requis pour y être lancés à l’eau par des remorqueurs. Une fois fixé au bon endroit pour chasser l’eau à l’intérieur des caissons, on envoyait un puisant jet d’air qu’on maintenait régulièrement. De cette façon, les hommes pouvaient s’y introduire pour y creuser le lit du fleuve. Le travail se faisait 24 h par jour sur trois quarts de travail. C'était plus de 110 hommes qui travaillaient dans des conditions infernales par le bruit, mais surtout par la pression exercée sur eux. Plus ils creusaient, plus le caisson descendait d’environ 9 pouces par jour.
À cette époque, on ne tenait pas compte lors de la remontée de l’importance de la décompression, si bien qu’il se formait des bulles d’azote dans le sang, ce qui arrêtait la circulation sanguine. À une certaine profondeur, les travailleurs pouvaient y demeurer une heure seulement et quand il remontait, ils saignaient du nez, des oreilles et par les yeux. A 100 pieds de profondeur, on estimait la pression à 41 livres par pouce carré. Ces hommes étaient surnommés (Sand Hogs) Cochons de sable. Tout ça pour un salaire de 1 $ de l’heure. On avait découvert que les hommes qui buvaient beaucoup d,alcool surportaient mieux la pression au fond des caissons. Vous imaginez la suite et oui, il était fréquent que des hommes travaillaient sous l’effet de l’alcool afin de ne pas subir les inconvénients désagréables dans les profondeurs des caissons. Un autre fait digne de mention, lorsqu’au fond des caissons on devait dynamiter le roc pour sauver du temps, les hommes demeuraient sur place, cachés le plus loin possible de la charge explosante, subissant du coup une pression supplémentaire combinée au bruit et aux retombées poussièreuses.